Ligne de front. Hors-série n° 21.

Snipers: des origines à nos jours.

Ligne de front hors-série #21 Snipers

Un numéro complètement consacré au sniping – soit 100 pages – pour couvrir à la fois les origines de la discipline, les faits marquants de son développement, les snipers les plus talentueux mais aussi un ensemble d’abstracts thématiques très techniques. Bref, un panorama très complet et peu couvert en français de la discipline.

Au niveau des périodes couvertes, on peut noter une bonne introduction de la guerre d’Indépendance Américaine à la Sécession. La première guerre mondiale pose bien les fondements de ce tir d’efficacité mais plutôt à courte portée. On retrouvera la discipline pour accroître les craintes du combattant particulièrement en Finlande et sur le front de l’est. Mais les autres théâtres d’opérations sont également bien couverts, que ce soit en Europe ou dans le Pacifique. Les performances exceptionnelles et à longue distance ferment le ban d’un dossier vraiment équilibré.

Régulièrement, les profils d’individus ou de tandems d’exception (tireur-observateur) sont bien mis en avant.

La dimension historique est bien soutenue par des articles plus techniques consacrés:

  • à des fusils d’exception
  • aux cartouches utilisées
  • aux spécificités du tir à longue distance
  • au sniping lourd

Avec bibliographie et liste des tireurs d’élite de la seconde guerre mondiale.

Franchement, un beau volume et une belle réussite signée Yann Mahé et Pierre Salies-Casaux avec le concours de Thierry de Villeneuve pour les abstracts techniques.

Ligne de front n°21, hors-série des mois de mars & avril 2014. Ligne de front, un magazine des éditions Caraktère.

Ligne de front HS 21

 

 

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Batailles & Blindés n°60.

Batailles & blindés 60

Au sommaire de ce numéro 60:

  • Le blindorama de Yann Mahé est consacré à la Mongolie de 1935 à 1945. Très soviétique tout ça ! ;-)
  • Les Panhard s’en vont en guerre ! Les blindés légers français AML 60 & 90 de Panhard furent un vrai succès d’exportation . Santiago Rivas nous propose de découvrir les exemplaires argentins engagés lors de la guerre des Malouines. J’ai découvert des clichés qui m’étaient inconnus jusqu’ici.
  • « Bérézina » sur le Don, Stuge et Alpini dans l’enfer d’ »Ostrogojsk-Rossoch ». Hiver 1942, le repli des troupes de l’Axe, l’hiver russe, les troupes alpines italiennes. Toujours impressionant ! Par Didier Laugier.
  • Les mirages du désert, les occasions manquées de l’Afrika Korps. Benoît Rondeau revient sur les erreurs allemandes durant la campagne d’Afrique du Nord de 1941 à 1943. Une approche critique des décisions allemandes, beaucoup de Rommel, sur un terrain d’opérations où célérité et précipitation pouvaient mener au succès comme à l’échec. A lire, bien évidemment, en complément de l’intéressant « Afrika Korps, l’armée de Rommel » de l’auteur !
  • La guerre-éclair de la 3rd Armored Division, mieux que Rommel en 1940. Un très bon article d’Hughes Wenkin sur la dynamique campagne de France de la 3rd Armored Division américaine. Après avoir explicité la nature « heavy » de la division, l’auteur présente les movements de l’unité, ses chefs (et en particulier Maurice Rose), les difficultés logistiques, l’opposition allemande et les résultats obtenus.
  • La 5. SS-Panzer-Division Wiking au combat. L’attaque des Panther sur Kovel. Par Laurent Tirone, sur un exploit connu de cette division de la Waffen-SS. Certes classique mais détaillé. Sans bibliographie.
  • « Geiki », mort d’une division blindée nippone. il y a peu d’articles sur les unités blindées japonaises durant la 2ème guerre mondiale. C’est l’originalité de cet article qui fait le point sur l’engagement final de l’unité lors de la défense des Philippines début 1945. Avec des focus sur les blindés japonais et sur la comparaison des unités US et nippones.

Batailles & blindés n°60, numéro d’avril et de mai 2014. Un magazine des éditions Caraktère.

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  • Les services secrets israéliens: Aman, Mossad et Shin Beth. Il est toujours délicat d’écrire un ouvrage sur les services de renseignement et particulièrement quand il s’agit de ceux de l’état d’Israël. On connait déjà Eric Dénécé pour ses nombreux ouvrages consacrés au monde du renseignement. Par contre, je ne connais pas encore son co-auteur David Elkaïm. L’ouvrage se veut une synthèse actualisée des connaissances sur le renseignement militaire et les services de renseignement extérieur et intérieur. Sa publication était nécessaire car j’en étais resté aux ouvrages  de Thomas Gordon publiés en 2006 en édition française. Aux éditions Tallandier, 320 pages avec notes, organigrammes et bibliographie indicative.

  • Six mois qui incendièrent le monde (jullet-décembre 1914). En cette année du centenaire de la 1ère guerre mondiale, il était utile de faire le point sur ce qui mena à une guerre qui allait changer durablement la face du monde. Il fallait la maîtrise d’un historien de talent comme François Roth pour porter un large regard sur bien des dimensions: géopolitique, diplomatie, sociologie et militaire. Bref, j’ai entre les mains  un beau pavé de 560 pages avec notes, chronologie, bibliographie sélective, index et 14 belles cartes. Aux éditions Tallandier en mars 2014.

  • Les désarrois d’un officier en Algérie par Pierre-Alban Thomas. Les souvenirs d’Algérie d’un officier de l’Armée Française, ancien FTP durant la Résistance.  Communiste, officier et militant écologiste. On ne peut pas dire que ce profil fut des plus courants ! ;-) Avec une préface de Pierre Vidal-Naquet. Aux éditions du Seuil en 2002.

 

 

 

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Du dynamisme dans l’édition. Les éditions Caraktère.

 

Je viens de recevoir, quasi-simultanément, trois des derniers hors-séries des magazines de cet éditeur spécialisé dans l’histoire et les matériels militaires.
Après les avoir posé en pile sur mon bureau, je les ai feuilletés rapidement. Et je me suis rendu compte du chemin parcouru par l’éditeur depuis les quelques années que je le suis.

Selon moi, les éditions Caraktère sont bien l’éditeur de revues le plus en pointe dans l’un de mes domaines de prédilection, l’histoire militaire

  • par les lignes éditoriales: en dehors de ses thèmes régulièrement abordés et la sortie de nouveaux titres, l’éditeur sait proposer, en hors-série, des sujet passionnants comme les snipers (100 pages), des sujets d’actualité comme le matériel russe (116 pages) ou donner la parole à nos armées comme dans le dernier HS de Batailles & Blindés consacré à la cavalerie au combat (en 148 pages). Qui plus est, il adapte la pagination au sujet et ce sans changement de prix.
  • par la qualité des auteurs: qu’ils soient auteurs réguliers ou pigistes occasionnels, la plupart d’entre eux sont talentueux et ils nous proposent même aujourd’hui des ouvrages de fond édités chez les meilleurs éditeurs tels que Economica, Tallandier ou Perrin…
  • par la qualité de la mise en page et la créativité: les magazines des éditions Caraktère bénéfient d’une mise en page en évolution permanente, d’un fond de photos réellement impressionnant et de cartes et profils bien dessinés avec l’introduction récente des profils 3D qui se généralisent…
  • par le dynamisme de ses lancements: à un moment où la presse spécialisée est en crise, on ne peut que souligner le lancement de deux titres qui ont déjà bien pris leur place dans les rayons de presse: Los ! pour la guerre navale, aéro-navale et sous-marine et Air Combat pour l’histoire et l’actualité de l’aviation militaire.
  • par son dynamisme entrepreneurial: là où Conflits & Stratégie est en redressement judiciaire, là où Histoire & Collections est en perte régulière depuis plusieurs années, les éditions Caraktère se distinguent par un chiffre d’affaires en progression et un résultat toujours positif à ce jour.

Bref, pour finir, je tiens à saluer le travail de l’équipe mais aussi de Yannis Kadari, patron des éditions Caraktère, toujours sur la brèche pour développement notre passion commune.

Quand c’est bien, il faut le dire, n’est ce pas ? ;)

Les éditions Caraktère sur Facebook.

Juste pour rappel, je commente régulièrement:

 

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Deux ouvrages repérés dans l’édition récente.

Six moi qui incendièrent le monde. François Roth.

Pour ma part, je connais François Roth pour une remarquable histoire de la guerre de 1870-1871 parue chez Fayard en 1990. Quant on sait qu’il a aussi livré une biographie de Poincaré en 2000, il va sans dire que cet historien a une très bonne maîtrise du contexte qui précéde la Grande Guerre. Faudra que je le récupère celui là ! 560 pages aux éditions Tallandier en mars 2014.

Le repos du guerrier, les BMC dans la guerre d’Indochine.

Deuxième ouvrage plus surprenant dans ma sélection du jour: les célèbres bordels militaires de campagne. Ici, je ne connais pas du tout l’auteur mais le sujet bien particulier sur un conflit qui m’intéresse vraiment va m’amener à me procurer cet ouvrage au plus tôt ! Aux éditions Fayard, 320 pages, en mars 2014.

 



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L’ennemi utile. Pierre Thoumelin.

Un peu aride mais intéressant.

Pierre Thoumelin est officier de gendarmerie. Il se livre ici à une enquête sur les légionnaires de nationalité allemande engagés dans la guerre d’Indochine.

On savait que le recrutement germanique avait été important sur la période 1945-1954. Bien des légendes et clichés ont été régulièrement évoqués concernant ces légionnaires allemands: repère de criminels de guerre, chiens de guerre, soldats colonialistes…

Pierre Thoumelin a croisé les données des archives françaises et allemandes pour mieux connaître ces soldats: leurs effectifs, leurs origines, leur expérience militaire préalable, leurs motivations à l’engagement, leurs spécialités ainsi que le problème du retour à la vie civile en France ou dans les Allemagnes (RFA et RDA…).

Et bien dans un petit format (165 pages), l’essentiel y est avec force notes, sources, bibliographie (parfois surprenante avec, par exemple, les mémoires de Bernard Cabiro en « roman historique »).

Le style est parfois un peu aride mais l’ouvrage reste de lecture facile avec son cahier photos et ses graphiques représentatifs.

J’attends avec intérêt la thèse de doctorat en cours de rédaction sur le sujet ! A suivre.

Indispensable pour les passionnés de la Guerre d’Indochine ou de la Légion !

Chez Schneider Text en janvier 2014.


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Guerres & Histoire n°18. Magazine.

Guerres & Histoire 18

On commence à bien s’habituer à la livraison du magazine créé par Jean Lopez au sein des éditions Mondadori.

Centenaire oblige, il nous propose, en dossier principal, de revisiter 50 idées reçues sur la Grande Guerre. Pour ce faire, la fine fleur de la rédaction s’est attelée à ce dossier associée à quelques nouvelles têtes: Julie d’Andurain, Patrick Bouhet Jean-Claude Delhez, Michel Goya, Pierre Grumberg, Laurent Henninger, Pierre Jardin, Jean Lopez, Yasha Maclasha et Rémy Porte. En fait, l’idée est excellente: aller à la rencontre d’erreurs persistantes qui ont traversé le temps historique. Jean-Claude Delhez avait ouvert la voie avec son « Douze mythes de l’année 1914« . Ici, le front est plus large car il balaie la totalité de la Grande Guerre. C’est peut-être d’ailleurs là que le bât blesse car les 38 pages ne suffisent pas, à mon avis, au traitement de tous les sujets. Du coup, on a une impression d’éléments accolés et couverts parfois superficiellement. Mais il faut bien reconnaître que dans le cadre d’une revue de vulgarisation, l’ouvrage est bien rempli !

Les autres articles du magazine:

  • L’exclusivité: Yacha Maclasha est allé à la rencontre de rescapés du K-8, sous-marin nucléaire soviétique accidenté et finalement coulé à 1.450 kms des côtes bretonnes avec ses deux réacteurs, quatre armes nucléaires et 21 marins… Et visiblement, il y en a six autres de la mer des Caraïbes jusqu’à la Mer de Barentz.
  • Caméra au poing. La rubrique est consacrée à « France, 1939-1940: l’armée de l’air avant la tourmente » ou comment perdre son avance technologique, tactique et industrielle. Par l’un de nos spécialistes français, Patrick Facon.
  • Bagaudes, les insurgés de la Gaule romaine. Tout n’alla pas toujours pour le mieux dans la partie gallo-romaine de l’Empire. Révoltes, guérilla et contre-insurrection.  Un sujet original traité par Eric Tréguier avec les illustration de Guiseppe Rava.
  • Du Guesclin et Boule de suif. Sous ce titre difficile à comprendre de la rubrique « Opérations spéciales » se cache la réflexion de Jean-Dominique Merchet sur deux temps forts des précurseurs des forces spéciales: la guérilla menée par Du Gesclin lors de la guerre de Cent-Ans et les francs tireurs levés en 1870-1871.
  • Les mousquetaires sont voués à la guerre de siège. Dans la rubrique « Troupes », Laurent Henninger va, au delà des mythes portés par Alexandre Dumas, à la rencontre des mousquetaires, de leur origine, de leur sélection, de leur emploi en termes de troupe de choc particulièrement lors des sièges et de police spéciale du Roi ! La dimension littéraire du sujet est bien revisitée.
  • La hallebarde, une arme polyvalente par excellence. Dans la rubrique « Un objet, une histoire », Pierre-Henry Bas s’intéresse à une arme bien subtile alors qu’on pourrait la penser lourde et décorative…
  • Les monstres fantômes de la marine chinoise. Ah la marine mythique de Zheng He qui aurait parcouru les mers puis disparut littéralement… Le thème fait florès depuis quelques années désormais. Pierre Grumberg s’intéresse au phénomène et derrière lui aux faits historiques. Passionnant.
  • Dans la rubrique « à lire », Yacha Maclasha interroge Jean Lopez sur son dernier ouvrage: « Opération Bagration« . La biographie de Rémy Porte consacrée à Joffre est également bien mise en avant. Lecture très prochaine pour ma part.
  • A noter la disparition du quizz dans ce numéro, une rubrique « wargames » toujours bien légère, je trouve.
  • La rubrique « D’estoc et de taille » du savoureux Charles Turquin est consacrée au rôle des ponts dans l’histoire militaire. Toujours avec grand humour.

Guerres & Histoire n°18. Numéro d’avril 2014. Par les éditions Mondadori.

Retrouvez le magazine sur Facebook. Bientôt 10.000 fans…

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Entrées de la semaine.

La géopoltique, 40 fiches thématiques et documentés pour comprendre l’actualité. Par Pascal Boniface. On connaît depuis longtemps l’auteur, directeur de l’IRIS et auteur important sur le sujet. Il nous livre ici un ouvrage d’introduction  cherchant à faire le tour de la géopolitique en 40 fiches de 2 à 4 pages. Evidemment, l’ouvrage est loin d’être exhaustif mais il peut servir de bonne introduction à la discipline et aux problèmes contemporains. On aurait trouvé utile que chaque fiche se termine par une recommandation bibliographique pour aller plus loin. 200 pages aux éditions Eyrolles en 2014.

 

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Lützen et Bautzen. Par Jean Thiry.Un ouvrage qui date mais qui manquait à ma collection. Une rare opportunité sur le net avec qui plus est une dédicace de l’auteur. Merci Amazon ! ;-)  L’ouvrage est principalement centré sur les deux victoires consécutives de l’Empereur Napoléon avant la trêve de l’été 1813.  En fait, il fait partie de la série « Napoléon Bonaparte » qui comporte une trentaine de tomes des années de jeunesse de son sujet jusqu’à la Deuxième Restauration. Chez Berger-Levrault en 1971, 304 pages et deux cartes.

 

 

 

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Invasion ! Le Débarquement vécu par les Allemands. Benoît Rondeau.

Un trés bon moment de lecture.

J’avais vraiment apprécié l’ouvrage précédent que Benoît Rondeau avait consacré à l’Afrika Korps. Originaire de la Normandie, il nous propose ici un ouvrage sur le Débarquement et la bataille de Normandie de juin et juillet 1944.

Evidemment, il existe déjà beaucoup d’ouvrages sur le débarquement des Alliés sur les plages Normandes en 1944. De cette bibliographie importante, je ressors volontiers:

Devant une pléthore d’ouvrages disponibles, Benoît Rondeau a pris l’angle d’attaque de traiter le sujet du point de vue allemand, reprenant là ce qui avait fait le succès d’édition de Paul Carrell dans les années 1975 avec son célèbre « Sie kommen – Ils arrivent« . Un texte certes biaisé et daté mais qui a apporté un éclairage unique à l’époque sur le point de vue des combattants d’en face.

Benoît Rondeau aborde donc son sujet par le même angle d’attaque mais avec les connaissances actuelles et sans complaisance pour l’un ou l’autre belligérant; ce qui n’était clairement pas le cas de Paul Carrell, il y a près de 40 ans.

Et bien cet ouvrage est une vraie réussite. Car il fait, de manière très vivante, le point sur les clés essentielles de l’ Invasion vécue du côté allemand:

  • les Allemands étaient conscients qu’un front allait s’ouvrir en France
  • la fortification des côtes et la préparation des troupes étaient engagées mais le poids de la guerre à l’est ralentit les travaux et ponctionna régulièrement les moyens disponibles pour faire face à l’invasion
  • la troupe, si elle restait motivée et idéologiquement très engagée (particulièrement les Waffen SS et les parachutistes), manquait d’effectifs, d’équipement (armement et mobilité) et d’entraînement
  • si le commandement restait de qualité, les strates superposées et la « gestion serrée » de Hitler allaient mener à des analyses « courte vue », faussées tant sur le lieu ou les lieux visés que sur la compréhension de l’adversaire ou même sur la stratégie à adopter pour défaire l’opération alliée. Il est à noter que sur ces deux points, il faudra que la bataille de Normandie soit bien engagée avant que les Allemands ne comprennent le potentiel allié et que la Normandie n’était pas une « diversion »…
  • le rôle du terrain: si les moyens de débarquement alliés ont été une vraie surprise, les Allemands ont utilisé au mieux le terrain pour contenir longuement les poussées alliées: bocage, villes et villages. A noter aussi tant la souplesse de l’organisation en groupes de combat que le moral de la troupe (et pas seulement celui des unités d’élite) qui va rester élevé et impressionner les Alliés
  • il y a eut également l’incapacité stratégique et opérationnelle à monter une opération qui pouvait réellement basculer l’issue en faveur des Allemands: il y a à là un vrai échec du commandement.
  • l’importance des difficultés de transport, de transfert d’unités et de la logistique de la Wehrmacht est également bien soulignée. Ça ne suivait clairement pas. L’auteur aurait peut-être pu insister sur le rôle de la Résistance en ce domaine mais ce n’était pas l’axe central de l’ouvrage.
  • on est impressionné également par l’importance des moyens alliés engagés particulièrement en ce qui concerne l’impact de l’artillerie alliée, qu’elle soit navale ou terrestre, et le rôle joué par l’avion d’attaque ou sol ou de bombardement qui, au delà de son efficacité directe, géna considérablement les combattants et la logistique.

Benoit Rondeau n’oublie pas de nous proposer, en contrepoint, l’essentiel des efforts faits par les Alliés bien évidemment.

Mais c’est aussi sur le style que cet ouvrage présente un intérêt majeur car si l’auteur navigue régulièrement du niveau du combattant à celui des généraux dans leur QG, il le fait dans un style d’écriture vivant et particulièrement efficace. Pour tout dire, j’y ai retrouvé un mix de Paul Carrell pour l’angle de vue, de Cornelius Ryan (Le jour le plus long) ou d’un Anthony Beevor pour le récit. Bref, un style qui veut faire ressentir les doutes, les angoisses, la dûreté des combats, l’omniprésence de l’aviation alliée, le vent de l’échec. Bref, l’auteur nous immerge dans les événements comme ont su le faire avant lui ses devanciers de référence cités plus haut.

J’avais précédemment souligné  que l’auteur fait appel dans ses notes à des témoignages recueillis par Paul Carrel mais aussi par des auteurs d’articles dans les revues d’histoire militaire. Ces emprunts sont fréquents et j’entends déjà quelques machoires grincer quand ils verront les références aux écrits de Paul Carrel mais aussi de Georges Bernage ou d’Yves Buffetaut. Benoît Rondeau prend ici le risque de se faire désavouer par quelques historiens patentés ! Pour ma part, je le soutiens dans cette démarche qui, si elle est osée, n’en est pas moins une preuve de respect pour le travail réalisé par ces auteurs durant les 40 dernières années. Référence aux témoignages n’est pas reconnaissance ni des thèses ni de la narration des dits auteurs.

Si on ajoute à tout ça, huit bonnes cartes dans le texte, des notes abondantes, une belle bibliographie , des annexes utiles et un index des noms et des lieux, j’ai là, pour moi et avec la biographie de Joukov par Lopez/Othkmezuri, l’un des ouvrages les plus intéressants que j’ai lu ces six derniers mois. Evidemment, j’en recommande bien évidemment la lecture à l’aube du 70ème anniversaire de la bataille de Normandie.

En fait, pour tout dire et pour le lecteur que je suis depuis plus de 40 ans, je me dois de reconnaître que la scène d’histoire militaire française est particulièrement active et de qualité en ce moment. Ce qui m’enthousiasme !

Invasion ! Le Débarquement vécu par les Allemands de Benoît Rondeau aux éditions Tallandier en mars 2014. 446 pages.


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Champs de bataille n°54. Magazine.

Ce numéro 54 est le deuxième depuis le redémarrage du magazine suite à ses difficultés de l’année dernière. La pagination semble se stabiliser à 132 pages toujours abondamment illustrées avec de belles cartes, qui plus est !

Le sommaire:

  • Reportages: on retrouve le globe-trotter Brice Charton à Saigon dont il évoque la prise en 1975, à Leipzig avec la reconstitution de la bataille de 1813 et au château de Limassol à Chypre ! Les voyages forment la jeunesse ! ;-)
  • Sauvetage au dessus de l’Allemagne. Stéphane Morhain nous relate la geste chevaleresque du pilote de la Luftwaffe Franz Stiegler qui ramena un bombardier américain en perdition sur le chemin de l’Angleterre. Une humanité rare à l’époque…
  • La conquête du Sahara algérien. Par Morgan Hamard. Le sujet est intéressant, très peu couvert jusqu’ici. J’ai eu du mal à accrocher au texte en lui même, tant sur le fond que sur la forme mais, j’insiste, le sujet vaut le détour ! On peut d’ailleurs discuter et rediscuter sur le caractère « algérien » de ce Sahara. Voir Bernard Lugan à ce sujet. Avec une belle iconographie mais une bibliographie imprécise.
  • La bataille de Chattanooga. Brice Charton et Jean-Philippe Liardet nous emmènent en pleine guerre de Sécession, le long du fleuve Tennessee. Un bon article de fond, bien structuré: contexte, enjeux, galerie de portraits, combats. Bref, ça m’a plus. Avec trois cartes.
  • La seconde bataille de la baie d’Heligoland (17/11/1917). C’est du Pierre Iltis, coutumier des articles de qualité sur la guerre navale. Tout partait bien dans cette opération britannique qui se termina par de bien maigres résultats. Bien complet avec ordres de bataille, cartes et bibliographie.
  • La forteresse Ozama, le plus ancien bâtiment militaire du Nouveau Monde. Mais où Brice Charton trouve-t-il le temps et les moyens pour voyager autant !  Direction Saint Domingue pour un voyage à travers l’histoire et nous expliquer le site et l’organisation de la forteresse d’Ozama. Dépaysant à souhait !
  • La forteresse de Brest-Litovsk, un rocher dans la tourmente ! Pierre-Edouard Côte nosu relate ce fait d’armes finalement peu connu de la résistance soviétique durant l’opération Barbarossa de 1941. On retrouve, à cette occasion, des images du film russe « Battle fr Honor » que j’ai visionné récemment et que je vous recommande. Avec de très belles cartes du site et des combats. Paul Carrell dans la bibliographie, ça va en énerver certains ! :-D
  • Les Gerät 040 (60cm) & Gerät 041 (4cm): derrière ces noms quelque peu hermétiques se cachent l’artillerie lourde allemande de la seconde guerre mondiale. Histoire de la conception et des engagements de ces pièces lourdes. Par Stéphane Morhain.
  • Les armes des bo doi et viet cong. Un article qui m’intéresse particulièrement. J’avais cru, dans un premier temps, qu’il concernait tant la guerre d’Indochine que la guerre du Vietnam. De fait, il se concentre principalement sur l’équipement du Viet Cong au Sud Vietnam. Par Nicolas Pontic. On regrettera l’absence d’une bibliographie. Je n’ai pas trop aimé les illustrations de Jérémy Falchi.

Au final, un numéro riche mais un peu décevant dont je ressors avant tout les articles sur Chataanooga, Héligoland et Brest-Litovsk. Attention aux fautes d’orthographe encore régulières. Bref, le magazine cherche son second souffle et on espère qu’il le trouvera !

Champs de bataille n°54. Numéro de mars 2014. En vente chez l’éditeur.

 

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