Offensive sur le Rhin. Roger Bruge.

Un ouvrage qui vient compléter la monumentale Histoire de la Ligne Maginot de Roger Bruge.

A la base, ce thème devait trouver sa place dans l’Histoire de la Ligne Maginot à laquelle Roger Bruge se consacra pendant 10 années. Finalement, les 110 pages dactylographiées d’origine ne purent trouver leur place dans les deux volumes. L’accès à des sources supplémentaires permit finalement à l’auteur d’en constituer un nouvel ouvrage: Offensive sur le Rhin.

Celui-ci est consacré aux opérations de franchissement et d’assaut du Rhin par les divisions d’infanterie de la VIIème Armée allemande. L’opposition était présentée pour l’essentiel par la 104ème DIF (division d’infanterie de forteresse) dans ses casemates de la Ligne Maginot.

Le fait est que nous sommes en juin et que l’affaire de la campagne à l’ouest se jouait bien loin dans les arrières des fortifications alsaciennes.

Comme à l’accoutumée, un ouvrage extrêmement détaillé avec un cahier photos en N/B et de nombreuses cartes dans le texte.

Pour les passionnés de la campagne de 1940 ou de Roger Bruge. ;-)



Les guerres d’Indochine. Philippe Franchini.

De la présence coloniale française en Indochine jusqu’à la réunification des deux Vietnam sous la férule communiste.

La guerre d’Indochine commence véritablement dans l’immédiat après guerre. Nombre d’ouvrages ont rapporté les faits consécutifs à la seconde guerre mondiale.

Le tome 1 de « Les guerres d’Indochine » de Philippe Franchini vient combler un vide en nous offrant la perspective de l’histoire de la présence française en Indochine jusqu’à l’arrivée des communistes au pouvoir en Chine en 1949.

Le 19ème siècle fut le siècle de l’expansion des puissances européennes à travers le monde: ce fut l’époque coloniale. Si la Grande Bretagne se tailla naturellement la part du lion, la France ne fut pas en reste particulièrement en Afrique… et en Indochine.

Philippe Franchini nous relate l’état de l’Indochine à l’arrivée de la France, la conquête, la colonisation et la mise en valeur du territoire. Tout allait bien dans le meilleur des mondes coloniaux jusqu’à la naissance des nationalismes en Extrême Orient. Le Japon puis la Chine allaient donner l’exemple. La seconde guerre, avec l’occupation nippone, allait tout faire basculer. Rien ne serait jamais plus comme avant.

La période de la seconde guerre mondiale et du maintien impossible de la légalité française en Indochine de 1941 à 1945 constitue d’importants chapitres du livre; de même la période de présence des troupes britanniques au sud et des chinois nationalistes au nord dans l’immédiat après guerre.

La reconquête, la montée de la guérilla vietminh ainsi que les négociations qui auraient pu mettre fin rapidement au conflit sont évoquées en profondeur.

Dans le Tome 2, Philippe Franchini va nous relater l’internationalisation de la guerre: du désastre de Cao Bang à Dien Bien Phu puis la période de montée en puissance du Vietcong, l’engagement puis le désengagement américain jusqu’à la chute finale du Sud Vietnam en 1975.

Philippe Franchini a grandi et a vécu en Indochine française et au Vietnam indépendant sous « protectorat » américain. A ce titre, sa connaissance des hommes, des mentalités, des événements lui a sans nul doute bien aidé dans la rédaction de cette large histoire des guerres d’Indochine et du Vietnam.

Un ouvrage qui se lit bien agréablement mais de conception classique.

Avec un carnet photos en n/b par volume.


Iran-Irak : une guerre de 5000 ans. Paul Balta.

Un des rares ouvrages sur la guerre Irak-Iran.

guerre iran irak

L’ouvrage de Paul Balta, publié en 1988, alors que la guerre n’était pas encore terminée, vient nous expliquer les origines historiques et géopolitiques du conflit, l’implication des nations du monde et le déroulement des opérations jusqu’en 1988.

Paul Balta, grand connaisseur du monde arabo-musulman, nous apporte l’éclairage nécessaire pour mieux comprendre les enjeux de ce conflit où tout oppose les adversaires: nationalisme arabe et iranien, sunnisme et chiisme, pan-arabisme et pas-islamisme. Son analyse de 1988 vaut la peine d’être relue, 20 ans plus tard, à l’aune des événements de ce Moyen Orient qui n’arrête pas de s’embraser.



La guerre d’Indochine en questions. Contre-enquête. Paul Rignac.

Une approche intéressante de la guerre d’Indochine.


Paul Rignac, qui n’est pas historien, nous livre un ouvrage court (110 pages) qui vise à répondre aux questions essentielles concernant un conflit assez peu connu finalement: la guerre d’Indochine française de 1945 à 1954.

Ces questions sont les suivantes:

  • quand la guerre d’Indochine a-t-elle commencé ?
  • quel était le but de la reconquête ordonnée par De Gaulle en 1945?
  • pouvait-on éviter la guerre d’Indochine ?
  • le vietminh était-il réellement représentatif d’une volonté nationale d’indépendance ?
  • Bao Daï était-il un fantoche ?
  • Fallait-il écouter Leclerc plutôt que Thierry d’Argenlieu ?
  • Quelles étaient les particularités de la guerre d’Indochine sur le plan stratégique ?
  • Les postes militaires en question
  • les maquis anticommunistes en question
  • la France pouvait-elle gagner la guerre d’Indochine ?
  • qu’est ce que la bataille de la RC4 ?
  • le général De Lattre pouvait-il encore gagner la guerre ?
  • comment est-on passé des promesses de l’ « année De Lattre » à l’abandon de l’Indochine ?
  • quels furent les effets des échecs stratégiques du général Navarre sur la fin de la présence française en Indochine ?
  • pour ne pas conclure

J’ai bien aimé cette approche à la fois courte et essentielle. Les questions sont bien choisies, leur traitement plus ou moins approfondi en fonction des sujets.

Ce que j’ai moins aimé:

  • pour être clair, je suis assez en phase avec l’auteur quant aux réponses qu’il apporte
  • par contre, sa manière de rédiger faite d’assertions assénées régulièrement avec force et véhémence m’a parfois fatigué
  • habitué à des historiens qui argumentent avec forces notes, j’ai trouvé que les démonstrations manquaient de justifications et relevaient parfois d’un prétoire plus que d’un ouvrage d’historien comme Jean-Christophe Notin par exemple.

La biblographie bien complète vient confirmer que l’auteur connaît bien son sujet mais le style pourrait énerver parfois.

Malgré cela, je recommande cet ouvrage à ceux qui connaissent peu le conflit. Ils auront l’essentiel.

Avec une carte, un cahier photos N/B et une bibliographie.

Chez Indo-Éditions en 2009.



La campagne d’Italie, les victoires oubliées de la France. Jean-Christophe Notin.

Ouvrage le plus complet sur le C.E.F. en Italie durant la 2ème guerre mondiale.

Il s’agit là de l’ouvrage le plus complet à ce jour sur cette campagne peu connue de l’Armée Française au cours de la Seconde Guerre Mondiale.

On y découvrira les difficultés stratégiques et opérationnelles du haut commandement allié, la préparation et la modernisation de l’armée en Afrique du Nord, la justesse de l’analyse d’un Alphonse Juin bien bridé dans son commandement.

Stratégie, manœuvres et combats des troupes du CEF sont décrits avec brio. Les sources auxquelles l’auteur s’est référées sont particulièrement appréciables et très complètes. Un ouvrage de référence.

Conseillé vivement !

De Jean-Christophe Notin, à lire également:



L’uniforme et les armes de la guerre en dentelle. Liliane et Fred Funcken.

Liliane et Fred Funcken sont sans conteste en langue française les spécialistes de l’uniforméologie à travers les âges.


Leur « L’uniforme et les armes des soldats de la Guerre en Dentelle » constitue sans nul doute le sommet de leur oeuvre. La qualité de leurs sources alliée à un dessin d’une précision et d’une beauté peu égalée font de cet ouvrage la référence absolue en la matière.

Seule la collection Osprey au Royaume Uni peut faire jeu égal mais sans l’exhaustivité présentée par cet ouvrage en deux volumes.

Exceptionnel ! On attend la réédition avec impatience.






Les goumiers marocains dans la bataille (1948-1951). Daniel Sornat.

Qui se souvient des tabors et des goumiers marocains ?


A l’origine, supplétifs berbères de l’armée française dans la pacification du Maroc, ils se couvrirent de gloire sous le commandement du général Guillaume durant la campagne d’Italie du C.E.F. puis la reconquête de la France au sein de la 1ère Armée Française du général De Lattre. Je vous renvoie à la lecture des mémoires du général Guillaume à ce sujet.

L’ouvrage présenté ici se concentre sur leur engagement dans la guerre d’Indochine de 1948 à 1951.

Je viens de commencer cet ouvrage et il me semble bien précis sur le sujet. Un texte bien complet avec notes de fin de chapitre, bibliographie, cahiers photos et cartes dans le texte.

A noter également une critique de l’ouvrage ‘L’humiliation » de Lucien Bodard qui sert trop souvent de référence sur la guerre d’Indochine à de nombreux lecteurs alors qu’il est, pour moi, largement imprécis et bien incomplet. Daniel Sornat se concentre bien évidemment dans sa critique aux chapitres concernant les tabors marocains et leurs goumiers.

Un beau choix d’édition de L’esprit du Livre Éditions.

Je commenterai cet ouvrage sous quinzaine.



De Gaulle, les services secrets et l’Algérie. Constantin Melnik.

De par la nature insurrectionnelle/contre-insurrectionnelle du conflit, la guerre d’Algérie a offert aux services secrets français un champ d’action important.


Par définition secrètes, les missions des services de renseignement furent nombreuses et variées: recherche du renseignement, lutte contre le trafic d’armes international, opérations de déception, intoxications en tout genre, opérations « homo » et actions diverses.

Constantin Melnik fut Conseiller pour la sécurité et le renseignement auprès de Matignon de 1959 à 1962. Il fut donc un acteur et un témoin privilégié des services de renseignement de l’époque.

Dans cet ouvrage qui vient de paraître aux éditions Nouveau Monde, il nous propose de re-découvrir cette période tumultueuse pour la République, pour l’Algérie, pour l’Armée et les services de renseignement. Je dis bien re-découvir car il s’agit de la ré-édition augmentée de Mille jours à Matignon, paru chez Grasset en 1988.

L’ouvrage est augmenté d’une belle préface d’Olivier Forcade, co-directeur de la collection « Le grand Jeu » de Nouveau Monde Éditions, d’une postface importante de Constantin Melnik et d’un échange avec Sébastien Laurent, également co-directeur de la collection.

Bref, un ouvrage essentiel pour ceux qui s’intéressent à la guerre d’Algérie mais également aux services de renseignement français.

Je le commenterai dès que possible.



Juin 1940. La guerre des Alpes.

Une campagne souvent oubliée et peu couverte par les historiens.


Juin 1940: la France est défaite par l’Allemagne nazie. Mussolini va en profiter pour attaquer dans les Alpes. Cette attaque dans le dos alors que les armées françaises refluent vers le Rhône a été bien peu traitée par les historiens.

A ce jour, je ne possédais que « La guerre franco-italienne, juin 1940 » d’Henri Azeau publié en 1967.

40 ans plus tard, les éditions Economica nous livrent une édition de près de 500 pages consacrée à cette campagne. Elle est le fruit du travail de Frédéric Le Moal et de Max Schiavon.

J’avais déjà beaucoup apprécié Frédéric Le Moal dans son ouvrage consacré à « La Serbie, du martyr à la victoire 1914-1918‘. Vue l’ampleur de cet ovrage co-signé aux éditions Economica, je pense ne pas être déçu.

Mon commentaire dès que possible, évidemment !

;-)



Assaut n° 53: la France en Afrique.

Au sommaire:

  • Les drones français à la peine ? Un article de Jean-Jacques Cécile sur le retour d’expérience suite au déploiement des drones français en Afghanistan. Points forts, points faibles. Besoins à venir pour la nouvelle génération de ces outils qui deviennent indispensables dans la guerre moderne. Je vous renvoie volontiers à la lecture du dernier Champs de bataille Thématique n° 15 qui aborde les drones de manière plus précise.
  • La France en Afrique. Yves Debay nous amène à réfléchir sur l’abandon progressif des positions stratégiques françaises en Afrique et les conséquences induites tant pour notre rayonnement que pour les pays africains eux même. Chaque implantation et chaque unité concernée sont présentées: Dakar, Abidjan, Douala, Libreville, Bangui, N’Djamena.
  • Les armées africaines actuelles: un ensemble hétérogène. Un article d’Erwan de Cherisey qui fait le tour des moyens quantitatifs et qualitatifs des pays d’Afrique sub-saharienne: Sénégal, Cameroun, Togo, Mali, Niger, Bénin, Gabon, Côte d’Ivoire, Djibouti, Tchad, Ouganda
  • Blues à Djibouti ! Yves Debay revient sur les dangers que présente l’allégement du dispositif français en ce lieu si stratégique. L’implantation militaire française aux Émirats Arabes Unis, associée aux économies nécessaires à notre pays en crise, risque d’être fatale à notre implantation historique dans la Corne d’Afrique. Le problème est, qu’à part le prestige et le fait d’être en première ligne pour prendre les coups en cas de conflit avec l’Iran, l’IMFEAU est quand même moins bien positionnée que Djibouti. De plus, cette petite république continue à avoir bien besoin de soutien face à des voisins toujours turbulents (Éthiopie, Érythrée, Somalie…)
  • Honneur, fidélité, courage: le 4th squadron, 73rd Cavalry dans l’ouest de l’Afghanistan par Ralph Zwilling. Un reportage sur cette unité, son adaptation à l’Afghanistan et ses missions.
  • OSTS-MBT par Ralph Zwilling. Un reportage consacré aux blindés plastrons figurant une unité de T80  pour servir à l’entrainement en Centre-Europe. Un classique de la Guerre Froide toujours d’actualité.
  • Le HMMWV. Paolo Valpolini nous offre un voyage auprès du Humvee, cette « bonne à tout faire » de l’armée US. De sa naissance à aujourd’hui en passant par ses évolutions majeures notamment en Irak. Il y en a plus de 30.000 dans les forces armées américaines et c’est le véhicule qui connait le plus haut taux de pertes sur les théâtres d’opérations extérieures.
  • Opération Poseidon. Cet article d’Yves Debay est la suite des deux articles parus dans les numéros précédents d’Assaut. Ils sont consacrés à un « what-if » de éradication de la piraterie dans la corne de l’Afrique. A défaut que cette mission soit réellement engagée par les Occidentaux et leurs alliés, Yves Debay l’imagine. Et ça a l’air de bien plaire aux lecteurs d’Assaut. Me too ! ;-)