Stalingrad pocket 1st edition. Par M. Yamazaki. The Gamers (wargame).

La lecture, en cours, du Stalingrad de Jean Lopez (éditions Economica) m’a amené à me pencher, de nouveau, sur Stalingrad Pocket.

Cette simulation historique nous propose de revisiter l’opération Uranus qui réussit à couper la 6ème Armée allemande (de von Paulus) engagée dans Stalingrad du groupe d’Armée B ainsi que les tentatives de dégagement réalisées par von Manstein arrivé tardivement au commandement de ce front.

L’opération réussit, la 6ème Armée fut coupée de ses bases et dut finalement capituler malgré le ravitaillement aérien mis en place,  signant ainsi la plus grande défaite allemande depuis le début de la seconde guerre mondiale…

Stalingrad Pocket fait partie de la Standard Combat Series (SCS)de l’éditeur américain The Gamers, intégré depuis dans MMP.

Stalingrad Pocket simule donc l’opération Uranus, la réduction de la 6ème armée ainsi que l’opération Wintergewitter visant à sauver von Paulus et ses troupes.


Malgré les règles que certains qualifieraient de légères, Stalingrad Pocket constitue une excellente simulation au suspens permanent. L’éclatement des armées roumaines à la périphérie de la 6ème armée, la course au Chir et au Don, la fermeture de la poche, la réduction de la 6ème armée ainsi que le face à face avec les tentatives de sauvegarde de la poche sont au rendez-vous. Les contraintes logistiques étant ce qu’elles sont pour les soviétiques, le choix est permanent entre grandes poussées et poussées progressives mais systématiques.

Seize tours de jeu pour un suspens constant car les conditions de victoire ne sont guère faciles pour le soviétique.

Il est clair que la simulation repose, pour l’essentiel, sur les talents du commandement russe. En ce qui concerne les Allemands, leur initiative consiste à savoir quand il faut céder pour refermer la poche et comment contre attaquer efficacement. Pas simple, pas simple.

Dans la simulation entreprise ce week-end, les soviétiques on fermé la poche, empêché les contre-attaques désordonnées allemandes et réduit peu à peu la poche. les divisions de la contre-attaque de von Manstein arrivant tour après tour, c’est seulement dans les tous derniers tours qu’une manœuvre ambitieuse peut se construire.

Stalingrad Pocket est un jeu qui vous prendra de 4 à 6 heures, fluide, rapide, aux règles très claires. Trois scénarios vous sont proposés dans cette première édition.

Cet excellent jeu édité, dans sa première version, en 1992 a fait l’objet d’une nouvelle mouture dès 1996. Je procéderai à son évaluation en cette année 2010 !

Stalingrad pocket de Masahiro Yamazaki, sur un système de Dean N. Essig. Editeur: The Gamers (1992).

Napoléon et l’Angleterre. Par Jean Tranié et Juan Carlos Carmigniani.

22 ans d’affrontements sur terre et sur mer. 1793-1815.


Quelle constance dans l’opposition !

L’Angleterre fut l’ennemi irréductible de la Révolution puis du Premier Empire. 22 ans d’affrontements, plus souvent indirects que directs d’ailleurs, mais une confrontation finale par une victoire sans appel: Waterloo.

La puissance des mers, la reine du commerce mondial en vint finalement à mettre à genoux la puissance continentale et le génie de la guerre. Et on peut dire que ce ne fut pas simple pour un pays à la démographie finalement assez faible, une armée professionnelle réduite et un système de promotion archaïque des officiers. Heureusement que la Couronne possédait son empire colonial, sa marine marchande, sa magnifique marine de guerre, le talent d’un Wellington et surtout la célèbre « cavalerie de Saint Georges », l’argent fruit de sa maîtrise du commerce international ! Seule la courte période de la paix d’Amiens (1802-1804) vit une accalmie dans la confrontation des deux puissances.

Dans l’ouvrage « Napoléon et l’Angleterre », Jean Tranié et juan-Carlos Carmigniani nous proposent un panorama complet de cette large période au moyen d’une iconographie luxueuse: 379 illustrations dont 51 en couleurs et 6 belles planches d’uniformes en couleurs, comme à l’accoutumée dans cette série de l’éditeur Pygmalion.

De toute la série, ce volume est sans doute l’un des plus généraux de par la durée de son sujet, 22 ans de confrontations: de Toulon à Waterloo en passant par l’Égypte, Trafalgar, l’Espagne et la campagne de France.

Un ouvrage indispensable et difficile à trouver pour les collectionneurs de la série.

Des mêmes auteurs:

Vandenberghe et le commando du tigre noir. Guerre d’Indochine.

L’adjudant Roger Vandenberghe, l’une des légendes de la guerre d’Indochine.

« Le meilleur soldat de la guerre d’Indochine ». C’était bien là l’avis du Maréchal De Lattre sur ce sous-officier d’exception. Parcours exceptionnel de ce jeune homme poussé vers la carrière des armes par la seconde guerre mondiale et l’occupation. A la tête de son commando composé de vietnamiens, il retournera avec talent et succès les méthodes de la guerre révolutionnaire contre le Vietminh. Destin hors pair qui s’achèvera dans la trahison.

Ce sous-officier exemplaire a trouvé en Indochine un terrain où son goût de l’indépendance pouvait s’exprimer. Il a compris très vite l’importance qu’il y avait à utiliser les techniques de l’adversaire pour mettre en place des contre-guérillas. Sa capacité à retourner les prisonniers de guerre vietminh en fit la cible des tueursdu mouvement révolutionnaire qui finirent par mettre fin à son épopée de légende.

Deux ouvrages vous proposent de découvrir le parcours de ce sous-officier d’exception:
- « Le pirate du delta » d’Erwan Bergot
- « Vandenberghe: le commando des tigres noirs de Charles Henry de Pirey




Six ans de croisière dans les sous-marins. Par Hohannes Spiess.

Et six ans dans les sous-marins, c’était plutôt long !

Johannes Spiess était lieutenant de vaisseau dans la Kriegsmarine impériale durant la première guerre mondiale. Il a survécu à la guerre et aura servi dans les sous-marins durant 6 ans 1 mois et 20 jours…

Nous allons l’accompagner de facto de 1912 à 1919 au bord de ces armes nouvelles qui faillèrent changer la face de la guerre. Si peu d’hommes ont eu l’occasion de changer la face de l’histoire . Mais si les débuts de l’arme sous-marine furent chevaleresques, les sous-mariniers entrèrent peu à peu dans la guerre totale et précipitèrent également les États-Unis dans la guerre par les directives strictes de guerre au tonnage marchand dès 1916.

Spiess nous fait découvrir son arme, les conditions de vie et de combat difficile des sous-mariniers ainsi que les évolutions des doctrines d’emploi de l’arme et les contre-mesures mis en œuvre par les alliés pour les contrer.

Mention spéciale pour les chapitres consacrées à l’arme après l’armistice de 1919: la cession, le désarmement et la mauvaise réputation infligée aux sous-mariniers allemands.

Edité chez Payot en 1927.

Les dix bonnes raisons de s’abonner à Battles Magazine… (wargame)

Battles sort son numéro 3, on pourrait croire que tout roule mais, pour pérenniser le titre et donner du souffle à une équipe réduite menée par un seul homme, Olivier Revenu, il faut lui donner du jus et pour cela: il faut s’abonner !


J’ai donc rédigé les 10 bonnes raisons pour le faire:

  • Bonne raison n°1: Battles Magazine est le seul magazine dédié au wargame sur cartes et uniquement à cela ! Pas de figurines, pas de jeux micro, pas de rubriques historiques. Seulement du wargame et encore du wargame. Des analyses de jeu, des ouvertures de boîte, de l’archéo-wargame, des interviews, des rubriques sur la conception des jeux, des scénarios additionels et je pense que nous aurons encore des surprises…
  • Bonne raison n° 2: Battles Magazine est bourré d’innovations ! Olivier Revenu a fait franchir un grand pas à la mise en page des magazines dédiés au wargame. En plus, avec son format de jeu: système simple en 4 à 6 pages, sujets originaux, qualité des composants, Battles Magazine a déjà marqué la communauté du wargame pour ses trois premiers numéros,
  • Bonne raison n° 3: si vous voulez perfectionner votre anglais… Bon ok, là certains vont me dire que j’exagère… Mais l’anglais/américain n’est-il pas la « langua franca » du wargame ? De toute façon, c’est la seule façon pour qu’un tel titre perdure dans le temps… So: Marines, gung ho ! let’s go !
  • Bonne raison n°4: Battles Magazine prend le risque de l’originalité pour les sujets des simulations proposées, des sujets généralement rarement traités avec des partis pris originaux: Opération Anvil-Dragoon en 1944, Arras 1940, Le Têt – Hué en 1968, Petrograd en 1919, Berlin 1945, les guerres indiennes… Je continue à penser, pour ma part, que l’intérêt des magazines est avant tout de proposer des sujets originaux avec de nouveaux concepteurs.
  • Bonne raison n°5: il permet à des chroniqueurs et à des concepteurs français de s’exprimer sur un support diffusé dans la totalité de la communauté du wargame en France, aux States et partout dans le monde… Ne laissons pas passer cette chance exceptionnelle pour nos concepteurs et nos auteurs francophones !
  • Bonne raison n° 6: il n’est pas cher… Fondamentalement, 4 numéros + un jeu pour les 1.000 premiers abonnés, ça ramène le jeu à moins de 20 euros…
  • Bonne raison n°7: l’offre spéciale, un jeu original sur un système éprouvé, accompagne le lancement de l’offre d’abonnement pour les 1.000 premiers abonnés ! C’est sympa, original et ce qu’on peut voir du jeu en preview me fait dire que ce ne sera pas un jeu au rabais !
  • Bonne raison n° 8: … et notre fierté nationale ? Pour moi qui suis un vieux grognard taquin, je n’ai pas vu cette qualité de magazine depuis le Strategy & Tactics de la grande époque de SPI ! Et ce magazine est français ! Alors, tous derrière la bannière Battles Magazine ! Cocorico !
  • Bonne raison n°9: c’est la crise et faut être sacrément couillu, comme Olivier Revenu, pour lancer un magazine top qualité quand d’autres magazines réduisent la voilure… (voyez qui je vise… as usual…). Il faut que le risque paie  et là il faut soutenir le « soldat Revenu » !
  • Bonne raison 10: il en fallait une dixième… si on le fait pas, on laissera passer cette chance et on le regrettera longtemps… car on ne sera pas là de retrouver une telle initiative française ! Allons, montrons que nous pouvons nous enthousiasmer et faire bloc pour que survive ou se développe notre hobby de par le monde !

Wargamers, Battles Mag needs you ! Enlist !


Au sommaire du numéro 3 qui promet d’être brillant:

Mes précédents articles sur Battles Magazine:

Drive on Stalingrad. SPI (wargame).

Ce jeu de Brad Hessel couvre l’offensive allemande sur le front sud de l’Union Soviétique à l’été et à l’automne 1942.

Sorti initialement en 1977 chez SPI, le jeu sera réédité en 1983 par TSR puis en 2002 par Decision Games.

Il utilise le système du best seller Panzergruppe Guderian.


Lors de sa sortie, Drive on Stalingrad fut largement critiqué quant aux possibilités de vaincre côté allemand.
La règle concernant les directives d’Hitler ajoutées aux règles très difficiles d’approvisionnement des poussées allemandes en font en jeu déséquilibré  en faveur des soviétiques.

Mais la situation ne fut elle pas déséquilibrée à l’époque ?
Face à une profondeur impressionnante du champ de bataille, vues les interventions croissantes de Hitler dans l’affectation des objectifs et des ressources, il était clair qu’atteindre Stalingrad, passer le Don et la Volga et prendre les champs pétrolières du Caucase relevaient de la mission impossible.

Drive on Stalingrad simule parfaitement cette gageure qu’eut à relever le commandement allemand et de belle façon car vos plus beaux plans d’opération se verront régulièrement remis en cause par les fameuses directives !

Bref, par deux fois, je n’ai pas échappé à ce verdict: je n’ai pas pris Stalingrad, si j’ai réussi à prendre Maikop dans le piémont du Caucase, il ne m’a guère été possible d’aller au delà. Si les russes n’ont pas réussi à percer et à saisir la 6ème armée à Stalingrad, c’est parce que j’ai décidé de ne pas aller jusque là et de ne pas subir la contre-attaque de Ieremenko ! A défaut d’être un jeu équilibré, ce wargame constitue une bonne simulation de la réalité pour mieux comprendre les événements. La lecture, en simultané, du Stalingrad de Jean Lopez fut particulièrement utile, j’y reviendrai dans un autre post.

Bref, malgré le système ancien, Drive on Stalingrad reste pour moi l’une des simulations les plus intéressantes de cette campagne finalement  peu simulée à travers l’histoire du wargame.



L’uniforme et les armes des soldats de la guerre 1939 1945. Par Liliane et Fred Funcken.

Liliane et Fred Funcken auront illustré les uniformes de l’antiquité à la seconde guerre mondiale au travers de magnifiques albums édités par les éditions Casterman.

Leurs dessins ont fait voyager à travers l’Histoire des centaines de milliers d’enfants, d’adolescents et d’adultes. J’en fais partie…

Après avoir parcouru la totalité de l’Histoire, l’épopée napoléonienne et la guerre 14-18, les auteurs s’attaquaient à un travail important sur la seconde guerre mondiale. L’importance du sujet les amena à devoir traiter le sujet en trois tomes de 150 à 160 pages, format qui resta exceptionnel dans la série. A l’inverse des autres thèmes abordés par Liliane & Fred Funcken, il est à noter que la deuxième guerre mondiale était déjà largement couverte par des documents photographiques. Cela n’empêcha pas la série de trois tomes de connaître le succès, comme à l’accoutumée, et les trois tomes sortirent en 1972, 1973 et 1974.

Au sommaire:

  • le tome 1 est consacré à la période 1933-1941: France, Allemagne, Autriche, URSS, Tchécoslovaquie, Pologne et Belgique. Infanterie, cavalerie, blindés et aviation.
  • le tome 2 est consacré à la période 1939 à 1943: Grande Bretagne, Allemagne, France, Italie, Finlande, Norvège, Croatie, Slovaquie, Bohême-Moravie, légions russes. Infanterie, cavalerie, blindés, aviation et marine.
  • le tome 3 couvre, quant à lui, la période 1943-1945: avec les Etats-Unis, le Japon, la Chine et l’évolution des grandes armées engagées. Avec des focus sur la France Libre, la Milice, les volontaires en Grande Bretagne, le Danemark, les Pays-Bas, les états balkaniques et danubiens, les parachutistes, les commandos, l’artilelrie, les engins balistiques et les sous-marins.

Compte tenu de l’ampleur des équipements, la couverture du sujet par Liliane & Fred Funcken n’est pas complète. Par contre, en ce qui concerne les uniformes, l’ensemble du conflit reste bien couvert et, en ce qui me concerne, ne l’a jamais été depuis en langue française.

Une pièce toujours indispensable pour les amateurs d’uniformes et pour les nostalgiques de Liliane & Fred Funcken. Encore une fois une oeuvre qui mériterait d’être rééditée.

Vus leurs tirages élevés à l’époque, on les trouve assez facilement chez les bouquinistes ou en ligne mais rarement à moins de 30 euros.




Scapa Flow, tombeau de la flotte allemande. Par le vice-amiral L. von Reuter.

Scapa Flow, l’une des bases de la Home Fleet britannique durant les deux guerres mondiales.


Située entre les Iles Orcades, au nord de l’Écosse, cette grande étendue d’eau constituait un port naturel bien placé pour intercepter la sortie éventuelle de la flotte de haute mer allemande durant les deux guerres mondiales.

Après l’échec de la bataille du Jutland, la flotte de haute mer allemande ne se risqua plus à une confrontation majeure

Les conditions d’armistice de 1918 entraina l’internement de 74 navires de cette flotte dans la grande base de Scapa Flow. Ils y restèrent dix mois pendant lesquels inactivité, esprit révolutionnaire, éloignement de ma mer patrie et négociations en vue du Traité de Versailles entrainèrent des conditions difficiles pour les équipages comme pour le commandement de la flotte.

Le vice-amiral L. von Reuter commandait la flotte internée. Dans l’ouvrage « Scapa Flow, tombeau de la flotte allemande », il nous livre donc un témoignage de première main sur les points suivants:

  • de la conclusion de l’armistice au mouillage dans le Firth of Forth
  • l’internement à Scapa Flow
  • les réductions d’équipages
  • les effets de l’internement sur les équipages
  • les poussées révolutionnaires et leur répression
  • l’idée, la préparation et l’exécution du sabordage
  • la justification du sabordage

L’ouvrage écrit en 1928 par un officier supérieur allemand traduit bien la fierté et le nationalisme qui animait le corps des officiers de marine. A défaut d’être un ouvrage d’historien, il n’en reste pas moins un témoignage précis sur les conditions de l’internement et sur les décisions prises par le vice-amiral L. von Reuter.

Aux éditions Payot en 1928 avec 9 illustrations en n/b hors texte et 3  annexes:

  • rapport du commandant supérieur des torpilleurs sur le sabordage par le capitaine de corvette Hermann Cordes
  • note sur l’exercice du ministère religieux à Scapa Flow par le pasteur de marne Ronneberger
  • heure de disparition des bâtiments le 21 juin 1919
  • liste des bâtiments internés

Lire aussi la très complète « Histoire maritime de la première guerre mondiale » de Paul Chack et Jean-Jacques Antier.


La guerre dans les Balkans. John Reed.

Un reportage exceptionnel sur le front des Balkans en 1915.


Ce récit est exceptionnel. Il est le fruit d’un journaliste/auteur de talent, John Reed qui va bourlinguer en 1915 de la Serbie à la Russie en passant par la Roumanie, la Bulgarie, la Grève et la Turquie. Du grand reportage dans le style d’Albert Londres. Au delà du témoignage que peut apporter le grand reporter, l’intérêt principal de « La guerre dans les Balkans » fut pour moi le portrait que fait John Reed de la vie, des mœurs, des aspirations des peuples rencontrés. La qualité de sa plume fit beaucoup quant à mon engouement pour cet ouvrage.

L’ouvrage est introduit par une longue préface de François Maspéro dont je n’ai pu m’empêcher de tirer ce texte: « Il était grand et fort, blond aux yeux bleus: taillé en bûcheron, né à l’extrême frontière du Far West, de l’autre côté des Rocheuses, sur le Pacifique; il était aussi poète et sensible, étudiant indiscipliné de la meilleure université de la Nouvelle-Angleterre: Harvard. Ce WASP par excellence, issu de la meilleure bourgeoisie, est mort à trente-trois ans, en 1920, du typhus contracté au fond de l’Azerbaïdjan où il représentait son pays au congrès des Peuples d’Orient. Il est enterré, comme un bolchevique exemplaire, sous les murs du Kremlin. »

Quant au style de Reed, je vous laisse l’apprécier au travers de cet extrait sur les Serbes:

« En arrivant sur le quai, j’ai pensé avec admiration à ces serbes, à leur origine et à leur destin. Ils sont le seul peuple des Balkans qui ne se soit pas mélangé depuis son arrivée dans la région, il y a de cela huit siècles, et le seul qui ait construit sa propre civilisation, que nul n’est venu modifier. Les Romains possédaient une ligne de forteresses dans les montages, mais ils n’ont pas établi de colonies. Les Croisés n’ont fait que passer. Les Serbes ont tenu leurs défilés étroits contre les Tartares de Bulgarie, les Daces de Roumanie, les Huns et les Tchèques du Nord, et tandis que leurs voisins luttaient pour se libérer du joug des Turcs avec l’aide armée des nations européennes, la Serbie se libérait toute seule. Alors que l’Europe imposait des dynasties étrangères à la Bulgarie, la Roumanie et la Grèce, la Serbie était gouvernée par des souverains authentiquement serbes. Avec un tel héritage et une telle histoire, avec la volonté impérialiste qui grandit de jour en jour, d’heure en heure, dans le cœur de ses paysans-soldats, à quels terribles conflits l’ambition serbe ne va-t-elle pas mener le pays ? »

A noter que John Reed fut un militant socialiste  ce qui n’enlève ni n’ajoute rien à la qualité de cet ouvrage.

A lire en complément de l’excellent « La Serbie 1914-1918 » de Frédéric Le Moal.

La guerre dans les Balkans de John Reed avec une bonne préface de François Maspéro et une carte dans le texte. Aux éditions du Seuil en 1996 sur une édition originale de 1916.


Et si l’opération des Dardanelles avait réussi ?

La vérité sur les Dardanelles par E. Ashmead Bartlett.

Les Darnadelles, Gallipoli, les détroits turcs… en 1915…
A l’est comme à l’ouest, les fronts se sont stabilisés. Après de multiples efforts vains pour percer, il fallut chercher une solution pour débloquer la situation.
Au Cabinet anglais, se forgea un projet qui visait à forcer le Détroit des Dardanelles, prendre Istambul et tourner les puissances centrales par leur ventre mou: l’Empire Ottoman et réaliser ainsi la jonction avec l’Empire Russe.


Vaste projet, faible conception mais vains efforts…

C’est ce que relate « La vérité sur les Dardanelles ». Rare dans cette collection des Éditions Payot, cet ouvrage est la réalisation d’un journaliste, directeur du Sunday Times: E. Ashmead-Bartlett – c’est dire l’importance critique qu’a eu ce texte à l’époque.

Illustré de 3 cartes. et avec 17 photographies n/b hors texte.