napoleon-une-imposture-roger-caratiniProcès à charge !

Roger Caratini n’aime vraiment ni l »homme Bonaparte ni l’épopée napoléonienne.

Il nous livre ici un réquisitoire seulement constitué de témoins et de pièces à charge. Certes, un tel homme ne peut être exempt d’impostures et de décisions bien arbitraires. Mais le rôle de l’homme dans l’histoire du monde est indéniable et si Bonaparte possède des dimensions négatives, il ne peut aucunement être réduit à celles-ci…

Dans son réquisitoire, l’avocat général fait deux erreurs importantes qui disqualifient son discours :

  • Il consacre bien trop de temps aux origines nobles supposées ou usurpées des Bonaparte mais quelle importance au regard de l’histoire ? et si elles sont usurpées, quel intérêt d’en faire porter le vice au fils alors que le père, Charles, semble bien plus concerné ? L’imposture de père en fils ? Tel père, tel fils ? La belle affaire ! Le procédé me parait bien fallacieux…
  • La référence permanente à nos us et coutumes du XXIème siècle pour juger Napoléon Bonaparte conforte la position de l’avocat général mais affaiblit durablement la qualité d’historien dont peut se revendiquer Roger Caratini (références aux droits de l’homme, à la censure, à l’esclavagisme, à la propagande,…).

Bref Roger Caratini a des qualités incontestables d’historien et d’auteur (voir ses Alexandre et Attila par exemple) mais sur Napoléon Bonaparte, il fait fausse route.

Dommage. On ne peut que renvoyer les lecteurs intéressés par ce personnage historique au destin exceptionnel vers des historiens tout aussi lettrés mais plus respectueux des équilibres et de l’Histoire, à savoir des auteurs comme Jean Tulard ou Thierry Lentz par exemple.
527 pages. Editions L’archipel en 2002.



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