Quel bon titre ! Marmont tient une place si particulière dans la saga napoléonienne. Compagnon de la première heure, général mais pas que, maréchal de France puis il y eut Essonnes en 1814. La « ragusade », la marque indélébile… En conséquence, les biographes pourtant prolixes sur les maréchaux de l’Empire ont sérieusement (sic !) évité le sujet du duc de Raguse… Ah les faquins ! 😉 Réduire Marmont à la « trahison » de 1814 serait un peu simpliste. Son rôle d’administrateur dans les provinces illyriennes est à souligner , son maréchalat en Espagne puis la défaite de Salamanque (les Arapiles) vont le marquer mais ce ne fut pas le seul à être vaincu en Espagne ! Malgré cela, Napoléon lui confia des troupes importantes dans les campagnes d’Allemagne de 1813 puis de France en 1814. Et puis ce fut Essonnes… Franck Favier , dans cette biographie, trace un portrait bien complet de la personnalité de l’homme d’où ressortent vanité et orgueil mais aussi de vrais talents. Des pages bien intéressantes sont consacrées à 1814 et dans l’affaire de la « trahison », tout est pesé: la situation, les circonstances, et les coeurs… On a donc matière à relativiser les événements même si Napoléon dira de lui à Sainte Hélène: « La vanité avait perdu Marmont, la postérité flétrira justement sa vie ; pourtant son cœur vaudra mieux que sa mémoire ». Pour ma part, j’ai beaucoup aimé également les chapitres consacrés à l’après 1814: son rôle auprès de Louis XVIII et de Charles X, celui dans les événements de 1830, puis l’exil, les voyages, l’écriture dont les fameuses mémoires du duc de Raguse. Bref, au final, un travail bien complet. Les lecteurs du rombier savent combien j’apprécie les biographies. On en a ici un bel exemple sur un personnage finalement peu couvert par l’historiographie et qui méritait qu’on s’y attarde ! Qui plus est, la rédaction enlevée et le style en font une belle lecture pour l’été ! Aux éditions Perrin en juin 2018. 300 pages avec notes, bibliographie et index.
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